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La Vénus de Botticelli : 10 centimes

Moi non !! Mais le visage de la Venere de
Botticelli appartient depuis toujours à
l’imaginaire italien. J’imagine donc qu’un
groupe d’intellectuels, artistes, historiens,
lettrés se seront amusés à
jouer le rôle de médiateurs entre
leurs propres connaissances, leurs propres
goûts et leurs souvenirs du lycée !
Les images donc se mélangent dans la
mémoire et ce serait malhonnête de
nier que ce visage virginal de Venus nous
rappelle l’autre beauté du même
artiste, la Primavera.
Les ressemblances notamment rentrent dans le
style et les vouloirs du peintre, comme
témoignent ses nombreuses Madonne, aux
visages angéliques et
éthérés. L’univers de ces
personnages est un univers de détails
similaires, qui réunissent son
¦uvre, qui la caractérisent et avec
ses échos la rendent reconnaissable.
S’enfoncer dans ces formes et ces couleurs c’est
découvrir ce peintre ayant vécu
entre Moyen Age et époque moderne.
Humanisme et Renaissance s’entrelacent dans une
atmosphère riche en signifiés et
allusions, dans un approchement continuel entre
le Paganisme et la Chrétienté ;
les artistes plongés dans l’amour pour la
beauté classique et pour le passé,
sont à la recherche d’un nouvel âge
d’or plus mystique, conciliable avec la
spiritualité chrétienne.

La Venus est le chef d’¦uvre de
Botticelli : presque quatre mètres
carrés voilés par les couleurs de
la mer, du vent, de l’écume, des fleurs,
d’anciens dieux et nymphes. La peinture,
conservée aux Uffizi de Florence, est
premièrement un manifeste de la
conception artistique de cette époque :
la perspective organise les groupes de
personnages ; les couleurs intenses en donnent
force et épaisseur ; l’attention au
paysage témoigne l’étude de la
nature qui, en passant à travers
l’observation méticuleuse, se veut
scientifique. L’éclectisme des artistes
de cette époque en fait presque les
premiers savants : Leonardo da Vinci en premier.

Mais sur notre petite pièce nous ne
voyons que le visage de la déesse :
évidemment le détail le plus
remarquable. Dans la peinture il
représente le point de fuite, le centre
qui capte le regard et vers lequel tous les
éléments autours s’adressent :
à gauche en haut volent le vent
Zéphyr et Chloris, les deux sont
entrelacés jusqu’à sembler une
seule figure, ils sont la représentation
du souffle porteur de vie et de l’union
amoureuse : haute célébration de
la naissance. À droite la nymphe Flore
tend un précieux drap d’un rose intense,
orné de fleurs printanières, elle
annonce le Printemps porteur de vie qui se
renouvelle ; Venus est simplement voilée
par ses longs cheveux, éparpillés
à dire son état de nature ; elle
couvre délicatement de sa main sa
poitrine. La mer à ses pieds se ride de
petites vagues, altérant le calme et la
régularité des eaux ; c’est encore
un signe qui rappelle l’origine de Venus,
née selon une tradition de Neptune, dieu
de la mer, soulignant sa pureté
cristalline. Une deuxième tradition la
veut issue du sang de Ouranos dieu
détestant ses enfants, mutilé par
Cronos son fils, le sang féconda les
flots où il tomba et Venus surgit du
creux d’une vague, aussi blanche et aussi belle
que l’écume. La représentation de
Botticelli en réalité fait
allusion à un poème de
l’époque (Le stanze della Giostra de
Giuliano de Piero de’ Medici, long poème
sur l’amour) qui veut que Venus soit
poussée vers le rivage sur une
énorme coquille. La scène est
rendue légère et l’air
parfumé grâce à des fleurs
semées dans le vent : la rose, née
au même instant que Venus, elle est le
symbole encore une fois de l’union amoureuse
engendrant la vie, de l’amour même.

Mais la pièce nous cache tout cela,
elle nous offre que le visage ovale de la
nouvelle déesse : sa tête est
penchée d’un côté, le geste
confère à son corps statuaire
douceur et souplesse de forme, un mouvement qui
amplifie la beauté de Venus, mouvement
que nous apercevons à peine. Son visage
est encadré des boucles secouées
par le vent avec extrême
délicatesse, elles sont
légères et claires. Cette
beauté n’est pas vraisemblablement
représentative de la beauté
italienne, les teintes sont très claires,
les yeux entre vert et bleu sont
légèrement étirés
à l’oriental, elle a un regard
absorbé et sûr. Malgré la
nuance exotique Botticelli vise une
beauté calme, modeste, claire mais quand
même impossible à rejoindre ; il
veut rappeler à la mémoire la
donna angelicata de Dante,
considérée comme un être
entre Ciel et Terre, porteuse de la Bonne
Nouvelle, du salut éternel,
stéréotype dantesque au Moyen Age.

C’est le même visage comme nombre de
ses Madonne... le rapprochement n’est pas
inopportun : l’époque vécue par
Botticelli est fortement religieuse et
derrière la représentation de la
naissance de Venus se cache celle de la
naissance de l’âme que le peintre veut en
réalité symboliser. Substituant le
mythe païen, Venus prête ses
grâces à la doctrine
chrétienne dans un circuit de
signifiés qui se reflètent tout au
long de l’histoire de l’Homme et de ses Dieux
jusqu’à cette époque où
Florence était sous l’influence du
frère Savonarola et de son mysticisme
effleurant l’hérésie.

Venus est sûrement la déesse de
l’Amour, de la fertilité, mais dans la
tradition romaine elle est même la
représentation de la passion, du
transport physique déréglé,
menaçant la fidélité
conjugale. Botticelli veut fermement
s’éloigner de cette tradition pour se
concentrer dans une idée plus chaste et
céleste de l’amour : Beau et Bien
s’identifient dans la même personne, dans
une unité de valeurs qui dépasse
la vision païenne. C’est dans ces termes
que sa Venus est l’image aussi de l’âme
humaine, totalement pure et innocente au moment
de sa création. Si à gauche le
vent soufflé par Zéphyr nous
rappelle le premier souffle de Dieu dans le
corps forgé d’Adam, le drap offert par
Flore décrète l’abandon de
l’âge inconscient de l’enfance, pour celle
adulte de la pudeur et de l’entrée dans
la société gardant sa sagesse
primordiale et sa pureté, choisissant les
bienfaits de la civilisation.

Botticelli est l’un des maîtres de
cette époque tout à fait
plongée dans l’allégorie et le
mysticisme, sous l’influence du passé
greco-latin et de la religion chrétienne.
Une légende le veut très proche
des Templiers et donc conservateur de leurs
mystères, c’est pour cela que des
chercheurs pensent trouver dans ses toiles et
ses fresques les symboles et les croyances des
Templiers à la limite entre
légende et orthodoxie. Dans la Naissance
de Venus un détail est inexplicable,
pourquoi Zéphyr et Chloris en tant que
dieux, ont des ailes comme les anges, ou encore,
pourquoi dans une représentation de la
descente de la croix du Christ, un personnage
cache son visage et serre dans ses mains des
objets qui à première vue semblent
des clous et qui au contraire à mieux
voir sont des pinceaux... ce personnage est
peut-être l’auteur lui même niant
l’événement...? ...Digne
matière pour un autre article !

 

Paola

 

Pour la photo de la peinture de Botticelli
 :
http://xoomer.virgilio.it/gabrbart/htm/italy.htm

Pour l’image des 10 centimes :
www.smmichelangelo.livorno.org/euro2.htm





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