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(...)



Journaux romains

26 mai 1997

La chaleur estivale est là, suffocante
déjà, mais le bonheur se poursuit.
La cité éternelle jouit de cette
vitalité faite de nonchalance qu’on ne
lui connaît pas en hiver, même si
ses ruines séculaires la protègent
paradoxalement des aléas du temps, de la
mort et de l’oubli.

Cette première journée
s’étire donc comme il se doit, entre
flâneries dans les rues, désertes
après le déjeuner, et pauses aux
terrasses des cafés que se disputent un
soleil arrogant et une ombre timide.

Ce contraste, ce jeu de lumière ne
font que souligner l’éclat chatoyant et
les subtilités des ocres des
façades que rafraîchissent des
grappes luxuriantes de verdure :
géraniums, lierre, jasmin enfin qui
sature l’air de son parfum sucré et
entêtant.

Malgré la chaleur, j’entreprends
l’ascension du Capitole - l’une des collines de
Rome - dont les terrasses offrent une vue
imprenable sur les forums romains. Une longue
errance suit dans le Trastevere, qui me conduit
jusqu’à l’Isola Tiberina (l’île du
Tibre) : là, les berges du Tibre sont
semblables à ce qu’elles devaient
être des siècles auparavant...

En fait, le Trastevere monopolise mon
attention une partie de l’après- midi :
il faut avouer qu’on ne se lasse pas de ses
places et de ses ruelles qui ont vu s’y attarder
tant d’artistes et penseurs de l’Italie
contemporaine : Fellini, Magnani, Pasolini,
Moravia...

Mon ultime refuge, et havre de
fraîcheur, sera une salle de cinéma
où j’assiste à la projection d’un
film réalisé par un metteur en
scène italo- turc : Hammam, il bagno
turco . Le récit d’un voyage : celui
qu’effectue Francesco de Rome à Istanbul,
sans se douter qu’il va à la rencontre de
lui- même... C’est aussi une
métaphore sur la révélation
de la Beauté comme passage de l’individu
de son état de mortel à un
état suprême...C’est aussi un
voyage dans le passé, à travers la
mémoire et les souvenirs tel que je les
aime : l’attachement à un lieu en
perdition, et magnifique à cause
même de cela...". Les plus
désespérés sont les chants
les plus beaux ".

27 mai 1997

Rien de mieux pour commencer une
journée qui s’annonce torride qu’une
bouffée de verdure et d’air pur au parc
de la villa Pamphili qui offre une
réserve immense de promenades, au milieu
de champs doucement vallonnés. L’endroit
est d’ailleurs très prisé , tant
par les sportifs que par les adolescents
désoeuvrés, les rêveurs en
quête de tranquillité que par les
familles.

Surtout, Davide m’emmène sur sa Vespa
qui demeure par excellence le meilleur moyen de
se déplacer à Rome et de
découvrir celle- ci . Cette fois, je
pourrais vraiment me croire romaine tandis que
nous filons , cheveux au vent et lunettes de
soleil sur le nez au travers des embouteillages.

Nous déjeunons non loin de la Place de
Trevi, à l’écart néanmoins
du flot des touristes que draine la
célèbre fontaine, qu’immortalisa
la sensuelle baignade d’un Mastroianni
séducteur et d’une blonde et plantureuse
Allemande...

Si je ne me lasse pas du spectacle permanent
de la rue, j’en profite néanmoins pour
parfaire mes connaissances en matière
d’art : l’église Santa Maria della
Vittoria m’offre sa fraîche
pénombre, sa profusion baroque et sa
Sainte Thérèse en extase du Bernin
 : extase dont la nature ambiguë n’avait pas
manqué de choquer les prélats de
l’époque.

Mais le jour décline, et je ne peux me
priver de ce spectacle qu’est une des plus
belles vues de Rome : depuis les jardins de la
villa Borghese, que je parcours d’ailleurs en
vélo. 

28 mai 1997

Des mois que j’en rêvais, au fil des
pages d’essais de Dominique Fernandez qui a su
redonner ses lettres de noblesse à cette
ville : Naples...

Premier sentiment : le dépaysement est
total. Au sortir de la gare, comme Davide et moi
traversons un marché populaire qui se
tient dans d’étroites ruelles, je n’ai
même plus l’impression d’être en
Italie, mais plus loin encore, dans quelque
contrée orientale. Et les accents rauques
du napolitain ne font qu’ajouter à cette
sensation. Puis, au fur et à mesure que
se poursuit ma visite, je me trouve tout
simplement sous le choc de la dimension
démentielle de cette ville : elle
grouille, littéralement. De bruit, de
monde, de mouvements- le vacarme est
assourdissant.

Il suffit de laisser derrière soi les
principales artères pour être
plongé dans un monde ancestral :
d’étroites ruelles où le soleil
n’entre pas - Naples n’est paradoxalement pas
une ville solaire ; des demeures ruinées
aux obscures façades ; des immeubles
misérables, bien souvent d’anciens
palais...Fabuleux décor de
théâtre où s’exerce la vie
quotidienne : celle des artisans, des vendeurs
à la sauvette, des enfants qui animent
les places et les impasses de leurs parties de
football...Des fanions et des drapeaux aux
couleurs des équipes locales
témoignent d’ailleurs du culte
voué à ce sport, qui côtoie
celui voué à la religion...

Difficile dès lors de ne pas
retrouver dans cette humanité, pauvre et
pourtant débordante de vitalité-
cette " vitalité
désespérée "
chère à Pasolini- les sources de
l’inspiration du Caravage dont les figures
rustres mais dignes ne rappellent que trop
celles de ces garçons qui sillonnent la
ville sur leur Vespa. Une exposition du
photographe Alain Volut sur la Naples
contemporaine ne manque d’ailleurs pas
d’évoquer de façon troublante les
similitudes du peuple napolitain au cours des
siècles : sa dimension archaïque et
par là même mythique...

Il y a l’autre Naples pourtant : celle
lumineuse, paradisiaque qu’évoque
l’étendue bleue du golfe de Naples telle
qu’on peut la découvrir depuis les
hauteurs de la Chartreuse St Martin , et dont la
sereine perspective n’est troublée que
par les silhouettes des îles de Capri et
d’Ischia.

Le retour à Rome est plus long que
prévu. Pendant plus de deux heures , le
train demeure arrêté sur une voie
de garage, en rase campagne. Cependant, ce vieux
train à compartiments ne manque pas de
charme et se prête au va et vient
séducteur de ses voyageurs : des
militaires siciliens regagnant leur caserne dans
le nord, dont certains ont cette beauté
des Méditerranéens dont les
ancêtres venaient aussi bien des rivages
normands que des côtes du Maghreb.


29 mai 1997

Le train aura finalement quelques trois heurs
de retard...et j’aurai pris mon mal en patience
 ! Ne suis- je pas en vacances ? D’ailleurs ,
tout le monde a réagi avec philosophie,
et calme et tranquillité régneront
dans les wagons jusqu’à l’arrivée
en gare de Termini. 

Nouveau tour de la ville en Vespa.
Première étape au Trastevere, pour
savourer en terrasse un cappucino.

Après quoi, Davide et moi repartons
dans les quartiers de Santa Maria Maggiore, puis
de la Bocca della Verità, des alentours
du Vatican enfin...

Mais l’heure du dîner approche, et nous
retrouvons Vera et Riccardo pour un dîner
en terrasse, au...Trastevere ! A croire que
toutes les routes, en plus de mener à
Rome, conduisent plus précisément
au coeur de ce quartier.

La nuit venue surtout, notre virée en
Vespa sur les hauteurs de Rome prend une
nouvelle dimension : onirique presque, tant je
me trouve délestée de toute
considération susceptible de me relier
aux contraintes de ce monde ...Je suis
là, simplement. Vivant...Vivante.

30 mai 1997

 J’ai retrouvé Paris ceux que
j’aime, mais la nostalgie demeure ;
qu’entretient la musique aux accords lancinants
du film Hammam , dont la
sensualité s’accorde aux souvenirs de ces
jours passés dans la chaleur romaine. Mes
ultimes pérégrinations dans la
cité éternelle m’auront conduit
dans des lieux d’une notoriété
certes éculée, mais qui n’en sont
pas moins dénués de charme : la
Piazza di Spagna, les escaliers de la
Trinità dei Monti, la promenade enfin du
Gianicolo - et la vue panoramique de Rome
s’étalant dans sa magnificence, sa
complexité, ses richesses.

" Ce monde est beau, je bénirai
la vie ". Ces mots de Rimbaud sonnent
telle une obsession dans ma tête ;
parfaite illustration de cette conviction que me
donne à nourrir chaque séjour
romain : cet apprentissage de la beauté,
cette réconciliation avec la vie comme
source intarissable de sensations et
d’émotions.

Emotion procurée par la contemplation
de la Conversion de saint Paul, du Caravage qui
se donne miraculeusement à voir dans la
pénombre de l’église Santa Maria
del Popolo : les bras ouverts, la gorge
renversée du saint, l’abandon de son
corps terrassé par l’émotion, par
la révélation surtout de la
divinité du monde. 

27 novembre 1997 Un peu plus tard dans l’année...

Train de nuit Paris- Rome : long voyage
certes, mais non sans charme puisque l’ambiance
à bord des compartiments à
couchettes à l’esthétique
désuète se caractérise par
sa bonne humeur et sa convivialité.
D’ailleurs, le train n’avait pas encore
quitté la gare de Lyon que
déjà , mes voisins de
compartiment, deux Napolitains qui regagnaient
l’Italie après un séjour à
Londres, et moi engagions la conversation.

Alors que la Toscane disparaît dans la
brume et regorge d’humidité sous l’effet
d’une pluie incessante, le soleil brille
à Rome . Il y fait presque chaud ; et la
douceur de l’atmosphère est
soulignée par la chaleur des teintes
automnales.

Ma première traversée de la
ville en Vespa en direction du Capitole m’assure
le dépaysement , même si j’ai, en
même temps, le sentiment de rentrer chez
moi, une sensation de familiarité...Cette
familiarité qui tient au caractère
intemporel et universel des ruines des forums
qui nous parlent avec sérennité du
temps qui passe et de la mort comme magnifique
décrépitude.

L’escapade suivante dans les environs du
Colisée, puis dans les rue du Trastevere
me ramènent à une
réalité autrement plus
quotidienne, mais marquée du sceau de la
nonchalance et de la tranquillité.

Dans l’après- midi, Davide et moi nous
rendons Via vento où nous espérons
pouvoir visiter le cimetière des
capucins. Mais celui- ci étant
fermé, nous poursuivons notre route
jusqu’au palais du Quirinal dont la place est
animée par des statues monumentales de
Dioscures qui défient les membres de la
garde présidentielle dans la
lumière bleutée du
crépuscule.

Et, comme à chaque fois que la nuit
tombe sur Rome, la ville se masque de magie et
la traverser évoque quelque
épopée dans une époque
reculée, l’obscurité que percent
de rares rais de lumière gommant les
signes de la civilisation moderne pour en
souligner, au contraire, le schéma
archaïque et théâtral de son
architecture. Et je pense à ce fabuleux
travelling de Fellini dans Fellini Roma qui
donne à voir des siècles de
civilisations dans la lumière
éphémère des phares de
voitures.

L’émotion culminera néanmoins
à son sommet comme je revois Hammam :
hymne à la sensualité, à
l’élévation du corps par celle-
ci, indispensable à
l’élévation de l’âme, au
devoir d’être heureux enfin.

28 novembre 1997

Le Gianicolo, outre la vue panoramique qu’il
offre sur Rome, réserve quelques
surprises bien cachées, telle la villa
Sciarra dans son écrin de verdure : son
parc peuplé de statues et de fontaines
érodées par le temps souffre
délicieusement d’un parfum d’abandon et
d’oubli, tandis que les nombreux palmiers qui
bordent ses allées parlent au ciel d’un
Orient lointain.

Je ne résiste pas enfin à un
déjeuner au soleil sur le Campo dei
Fiori, sous l’oeil vigilant de la statue de
Giordano Bruno ; d’autant que le marché
qui s’y tient illustre la dimension
profondément populaire et
méditerranéenne de la ville.

Mais cette journée est
décidément sous le signe du
mystère et de l’inattendu : ainsi, en
décidant de parcourir la via Giulia, ce
sont autant de cours de palais, de patios
envahis de plantes, de jardins qui se
découvrent lorsque j’ose un regard
indiscret au- delà des grilles
entrebâillées.

Puis la lumière dorée du
couchant se prête parfaitement à
une errance le long des rives du Tibre, sous le
couvert des platanes aux feuilles roussies. Je
lisais dernièrement que Julien Gracq
avait été très justement
étonné de découvrir que les
rives du Tibre ressemblaient à celle de
quelque cours d’eau en Languedoc (Cf. Autour des
sept collines).

La nuit venue, je sacrifie au rite d’une de
mes promenades préférées-
plongée véritable dans le moyen-
âge : les rues du vieux ghetto ; si
étroites, vétustes et mal
éclairées que peu de touristes ne
s’y aventure, mais qui réserve une vue
inédite et surréaliste sur les
ruines de quelque forum antique
méconnu... 

29 novembre 1997

Davide travaillant, la journée
s’amorce doucement en ce qui me concerne tandis
que la pluie et la brume me
révèlent un nouveau visage de
Rome. Néanmoins, il est clair que les
Romains détestent la pluie : ils ont
déserté les rues. Jusqu’au ballet
des Vespa qui s’est interrompu.

Seule donc, abritée d’un
parapluie, j’entreprends un premier
périple qui me conduit depuis la
Piazza Cavour jusqu’à la Piazza
Navona, en passant par le pont des
anges des anges du Bernin.

Je me plais encore à
contempler la grâce et
l’assurance sereine de ces
créatures célestes
indifférentes au temps et aux
intempéries.

Je me rends enfin au cimetière des
Capucins de la via Veneto. C’est une crypte
où sont enterrés plus de 4000
moines- où sont, plus
précisémentréunis leurs
ossements- qui constituent la décoration
morbidedeslieux. Pas un os qui n’est servi
à la confection de fioritures murales ou
de lampes...

Dans l’immédiat, j’écris ces
quelques lignes depuis les bancs de
l’église Santa Maria Maggiore qui,
àmon goût, n’offre point assez de
recueillement par sa taille et la
présence de trop nombreux visiteurs.

Plus mystique est l’atmosphère de San
Pietro dei Vincoli, quiabritele Moïse de
Michelange. En effet, la vue de ce dernier se
mérite réellement tant la route
pour trouver la dite église est tortueuse
 : une abrupte montée d’escaliers mal
éclairée, des ruelles
reculées où, la pluie et la nuit
faisant, il n’est décidément pas
aisé de s’aventurer. L’église
elle- même n’est guère avenante
avec sa nef dénuée de toute
ornementation qui souffre une absence
d’éclairage évidente tandis que le
Moïse lutte pour émerger de la
pénombre, avec cette force propre
à sa masse de pierre.

30 novembre 1997 

Dimanche, jour du Seigneur, je continue donc
mes explorations de ses saintes demeures : la
chiesa del Gesù, baroque par excellence,
même si peu visible sous les
échafaudages ; puis Sant’Ignazio dont le
dénuement mural souligne la beauté
et la richesse des plafonds aux fresques peintes
par Andrea del Pozzo.

A l’image du temps, de la pluie qui brouille
la vue, ce dernier jour se termine comme dans un
songe ; d’autant que je ne suis plus
poussée dans mes
pérégrinations par une quête
précise mais que je me laisse, au
contraire, aller dans différents
quartiers dans l’ignorance la plus totale de
leur géographie ou de leur orientation.
Je me perds, autant qu’il est possible de le
faire, sans hâte, paisiblement : cette paix
que procure le sentiment de ne rien attendre, de
ne rien vouloir, de ne rien avoir à faire
d’autre que contempler ces façades
ancestrales, écouter la pluie, regarder
la lumière changer au fil des heures et
de rares éclaircies...J’apprécie
d’autant plus cet instant que je sais qu’il est,
par essence, éphémère : que
je ne peux me satisfaire éternellement et
uniquement de la beauté et des silences
des pierres, que me manqueront très vite
ceux que j’aime, leur attention, leur voix...

Mais que la solitude est douce à
porter à cet instant ! dans une
cité éternelle qui, ce jour-
là, ressemble plus que jamais à un
théâtre sans vie
délaissé tant par les acteurs que
par le public...

Sandrine





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