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Fabbriche di ricordi

Nous sommes en Toscane, dans les Alpes
Apuanes, entre les provinces de Lucca, Massa et
Modena. La route qui mène au village est
difficile et étroite, digne de la
Côte Amalfitaine, elle est fortement
inclinée s’accrochant à la paroi
de la montagne qui l’accueille ; deux cars ne
passent pas aisément, il faut attendre
les rares lignes droites ou les fascinantes
terrasses pour admirer le panorama ; il faut
reculer ou tout simplement risquer avec les
pneus d’effleurer le petit mur en pierre, peu
solide sans doute.

L’été n’est pas si chaud dans
l’intérieur de cette région et les
bois sont verdoyants et frais, la vue est
agréable ; le calme du paysage et
l’absence de grandes villes relaxent et
défatiguent : ces Alpes ne sont pas trop
hautes, elles sont entièrement
recouvertes de bois épais et, durant le
parcours, apparaît quelques
clairières dues à une
rivière qui découvre des roches ou
à une maisonnette que l’homme a voulu
bâtir. Par moments, des éclats
blancs frappent le regard, et illuminés
par le soleil reflètent sa lumière
en élargissant ces blessures dans les
parois : ce sont les caves de marbre blanc,
paraît-il le meilleur marbre statuaire du
monde.

Quand on arrive à Vagli, la
première réaction est
l’étonnement, presque la
désolation. Un petit village, bien
moderne, un grand parking aux
poussiéreuses palissades qui en tracent
les limites et devant... un grand désert
 ; un immense bassin dont l’horizon coupe
nettement la vue en deux mondes ; en dessus ce
sont le bois et les prés, épais et
verts, des grandes collines qui montent
agilement vers le ciel trop bleu de
l’été ; en dessous c’est le gris
mort de l’absence et de l’aridité. C’est
une vastitude qui opprime le regard par son
étendue, on dévisage un monde fait
de terre et de poussière, de rochers et
de cailloux, tout est comme calfeutré
d’une énorme couche d’une invisible
matière.

En quittant le parking on chemine tout au
long d’une route signée par les pas des
gens passés avant, elle est large et
aride, elle se dessine vers le fond du bassin en
côtoyant la paroi de la montagne. Tout de
suite on aperçoit sur le mur de terre les
signes horizontaux laissés par les
différents niveaux d’eau et la sensation
est désormais nette : il y a quelques
mois cette route était submergée
d’eau, elle n’existait pas avant que le touriste
et le curieux passent.

Au parking les gens du lieu disent qu’il faut
au moins une petite heure pour rejoindre
Fabbriche, même si la route n’est ni
difficile, ni trop escarpée. Après
une demi-heure de chemin, la vallée ne
paraît pas si dégagée, au
contraire elle est assez étroite et
longue et l’absence de végétation
semble en augmenter la profondeur ; mais
peut-être est-ce seulement une sensation.
Les hélicoptères font des
aller-retours pour les touristes les plus riches
et les moins sportifs, renvoyant trop de bruit
et trop de poussière. Quand ils arrivent
au fond du bassin ils planent vers une zone
qu’on a toujours aperçue mais jamais
remarquée. C’est Fabbriche. L’eau qui l’a
submergé durant dix ans a estompé
les couleurs en effaçant les
différences. C’est pour cela que l’on
n’arrivait pas à l’apercevoir exactement
 ; ce fantasme était toujours là
devant, bien présent et bien caché
dans sa fade immobilité. Maintenant on a
hâte de le rejoindre, de voir de
près le visage d’un village
abandonné et envahi par les eaux,
curiosité et inquiétude, comme si
on allait espionner les sentiments cachés
dans les vieilles pierres, comme à
chercher les derniers témoignages d’une
vie qui a été volontairement
interrompue, sans possibilité de retour
il y a presque 60 ans.

C’est l’E.N.E.L., l’équivalent italien
de l’E.D.F., qui a proposé dans les
années 50 de construire une digue pour
exploiter les eaux de la rivière Edron.
La vallée était idéale pour
la réalisation d’un lac artificiel et
l’emploi de ses eaux. Les habitants de
Fabbriche, pas plus de 1500 âmes, ont
accepté de laisser leurs maisons et leurs
jardins, pour se déplacer un peu plus en
amont, dans un nouveau village, Vagli,
actuellement au bord du lac. La décision
arrivait après des négociations
afin de ne pas répéter l’encore
trop récente tragédie du Vajont.

Des indemnisations ont été
accordées avec la promesse de faire
émerger le village
régulièrement. C’est ainsi que
Fabbriche a revu directement la lumière
du soleil plusieurs fois depuis sa submersion et
probablement cet été le
pèlerinage des touristes et des anciens
habitants aura lieu encore une fois. On verra
encore les maisons dont seulement les parties en
pierre sont restées, on pourra entrer
dans les étables et voir les anneaux pour
attacher les animaux et les râteliers
creusés dans les pierres, on pourra
distinguer quelques dates dans les architraves
des portes d’entrée. La boue
desséchée entre les fentes et sur
les angles rende tout extrêmement souple,
presque doux, peut-être que les pierres
ont été polies par l’eau. Les
chemins entre les maisons sont étroits et
tout est voilé et homogène dans
ses couleurs.

L’église est toute petite, il semble
qu’il y ait encore les traces de quelques
représentations sacrées, mais
probablement elles ne sont que les ombres des
cinquante années passées dans le
noir des fonds du lac.

Les touristes prennent des photos, les
enfants rêvent de pouvoir voler à
travers les fenêtres et les plafonds comme
si l’eau était encore là, dans une
imaginaire apnée. Les anciens habitants
prient, en écoutant retentir dans leur
souvenir les cloches de l’ancienne
église, avec toutes les histoires et les
légendes qu’un tel
évènement a pu engendrer : le
dernier mariage célébré et
les larmes de l’épouse, la belle
Théodore, qui incrédule, n’a pas
voulu quitter sa maison... elle fait sonner
du fond du lac les cloches...

 

Paola

En savoir plus :
http://www.girando.it/paesisommersi/storiafab.htm
http://www.ursea.it/gite/fabbriche_careggine/fabbriche_di_careggine.htm





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