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Au terme de ses études au lycée, elle quitte sa famille pour voler de ses propres ailes et intégrer l’université, à laquelle elle devra bientôt renoncer pour des raisons financières.
Elle parvient cependant à continuer à vivre seule, au cours des années 30, en faisant de menus travaux de rédaction, en donnant des leçons privées d’Italien et de Latin et, par la suite, en collaborant à des revues et à des journaux. Elle se consacre notamment à l’hebdomadaire Oggi, de 1939 à 1941. |
Cette même année, elle épouse Alberto Moravia, rencontré quelques années plus tôt, et publie son premier roman Le Jeu secret. Suit un recueil de contes, Les Très belles aventures de Caterina, qu’Elsa illustre elle-même.
Avec Moravia, elle réside à Anacapri puis à Rome, dans un petit appartement de la via Sgambati où, dès 1943, elle entreprend la rédaction de son premier roman Mensonge et sortilège. Elle doit cependant momentanément y renoncer pour suivre son mari, condamné à l’exil politique par l’Etat fasciste, dans les montagnes de Fondi, dans la région de la Ciociaria.

Au cours de l’été 44, Elsa retourne à Rome. Sa relation avec Moravia connaît alors une grave crise : séparations brutales et retrouvailles passionnées alternent, traduisant le conflit intérieur d’Elsa, déchirée entre son besoin d’autonomie et son exigence de protection et d’amour. De la même manière, elle ne cessera de désirer et de refuser la maternité avant d’y renoncer, non sans regrets, définitivement.
En 1948, après un premier voyage en France et en Angleterre, paraît Mensonge et sortilège, pour lequel Elsa reçoit le Prix Viareggio.
Leur situation matérielle s’étant améliorée, Elsa et Moravia se transfèrent dans un élégant appartement via dell’Oca qui ne tarde pas à devenir un des lieux de rendez-vous les plus prisés de l’intelligensia romaine.
Les années 50 voient La Morante collaborer à la RAI, voyager, notamment en Espagne, qui lui inspire un nouveau récit Le Châle andalou, achever enfin la rédaction de son roman L’Ile d’Arturo. Celui-ci, dès sa sortie en 1957, connaît un franc succés et remporte le Prix Strega.
Les années suivantes, les voyages d’Elsa sont de plus en plus fréquents : en Union Soviétique, en Chine puis, en 1960, aux Etats-Unis où elle rencontre le jeune peintre Bill Morrow avec lequel elle entretiendra une relation très étroite.
Revenue en Italie, Elsa emmenage dans un appartement " à elle " via del Babuino. Si elle continue à voyager avec Moravia, au Brésil et en Inde, où les accompagne Pasolini, elle rompt définitivement avec son mari en 1962. Au même moment, elle est vivement éprouvée par le suicide de son ami Bill Morrow.
Elsa ne connaitra plus dès lors qu’une existence inquiète : les voyages- en Andalousie, au Mexique...- ne suffisant plus à chasser le souvenir obsessionnel de la mort de son ami et l’hantise de la vieillesse. Elle se découvre également préoccupée par les menaces qui pèsent sur l’humanité : son essai Pour et contre la bombe atomique ainsi que son recueil de poésies Le Monde sauvé par les enfants témoignent de son désir sincère de s’impliquer dans le monde. Nourri par ce même élan, son troisième roman La Storia, paru en 1974, recueille un immense succès populaire en même temps qu’il suscite une vive polémique.
Deux ans plus tard, Elsa entreprend la rédaction de son dernier roman Aracoeli qui ne sera publié qu’en 1982. Dans l’intervalle, en effet, Elsa est victime d’une fracture du fémur qui l’oblige à subir de nombreuses intervations chirurgicales. Immmobilisée, elle est condamnée à passer les dernières années de sa vie au lit : après une tentative de suicide ratée en 1983, elle s’éteint des suites d’un infarctus le 25 novembre 1985.
(*) L’expression " la divine
barbare " est de Jean-Noël Schifano,
extraite de son essai Désir d’Italie.
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