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Guide pour l'Italie !
LES PROMOTIONS POUR PARTIR EN ITALIE :

Ainsi, depuis les origines, confrontée
au génie italien dans les domaines des
arts plastiques et de la musique, la
littérature en Italie n’a jamais
été qu’un art mineur, sinon
réservée qu’à une
élite. C’est pourquoi, dès le
XIVème siècle, la langue italienne
reconnue comme cultivée et
représentative de la culture officielle
est-elle le Toscan, Florence incarnant à
cette époque une hégémonie
tant culturelle qu’économique et
politique. Trois auteurs contribuent
essentiellement à lui donner ses lettres
de noblesse : Dante, Pétrarque et
Boccace.
Mais de Toscan, en réalité, cette
langue n’a que le vocabulaire ; la
rhétorique et la syntaxe demeurent
profondement latines. Elle est enfin en totale
rupture avec la langue parlée.
De plus, le modèle florentin n’est qu’éphémère et ne concerne qu’une infime partie du territoire italien. En effet, la péninsule italienne est morcellée en de nombreux états qui se constituent des patrimoines propres et qui sont en butte aux invasions et aux agressions étrangères.
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C’est ainsi qu’ à Venise, Goldoni compose ses pièces en vénitien tandis que, ignorants d’une quelconque langue officielle, de par leurs origines ou leur formation, des auteurs comme Giordano Bruno ( moine qui écrivit des essais notamment sur la cosmologie, reprenant les thèses de Galilée) ou Marco Polo ( marchand qui relata son voyage en Chine) rédigent des oeuvres dont la valeur littéraire ne doit rien au Toscan. Ce maniement marginal et pluriel de la langue, par des auteurs nourris de cultures dialectales contribuera à l’enrichissement de la littérarure italienne. On notera d’ailleurs, à ce propos, que nombre d’auteurs italiens sont issus du sud de l’Italie, de régions dites soumises aux pouvoirs du nord, sacrifiées à l’unité du pays, tels Verga, Pirandello, Sciascia, etc. |
Mais ce clivage tant culturel qu’historique entre les provinces italiennes, entre le nord et le sud, empêchera aussi l’émergence d’une véritable littérature populaire.
Au contraire, l’introspection, l’intime, la difficulté d’être dans le sens romantique du terme sont des thèmes récurrents d’oeuvres majeures italiennes, qu’il s’agisse de celles de Pétrarque, Leopardi ou Pavese. D’ailleurs, ceux- ci privilégient les récits courts ( la nouvelle ...) ou la poésie. La littérature italienne compte ainsi très peu de véritables romans, sinon en vers comme Le Roland furieux de l’Arioste et La Jérusalem délivrée du Tasse.
Enfin, de par le caractère local et dialectal de sa langue ( qui est aussi la langue maternelle), l’écrivain italien engendrera souvent une oeuvre où les thèmes de l’enfance, du terroir originel et par là même d’une société souvent rurale, sont omniprésents, en opposition avec une culture du pouvoir, fort et national. Il n’est donc pas étonnant que les principaux auteurs italiens du XXème siècle aient été aussi des opposants au Fascisme, et victimes de celui- ci ( Pavese, Levi...) ou qu’ils aient élaboré leur oeuvre en contestataires, comme Pasolini.
Une histoire et une culture
hétérogènes, des langues
régionales demeurées vivaces, une
absence de littérature nationale
fédératrice : autant de
caractéristiques de la production
littéraire italienne qui continuent
à en assurer la
spécificité.
C’est ainsi que les récentes oeuvres les
plus remarquables sont les fruits d’auteurs
méridionaux, au parcours atypique ; tels
Erri de Luca, Napolitain qui fut longtemps
ouvrier en usine avant de se consacrer à
l’écriture ou Andrea Camilleri, auteur
Sicilien de polars dont la langue mélange
savoureusement l’Italien et les dialectes de son
île.
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