Votre meilleur
Guide pour l'Italie !
Ce château se trouve dans les Pouilles à 18 kilomètres de Andria, les villages les plus proches sont Ruvo et Corvato à 21 kilomètres, Minervino Murge à 24 ! Le bâtiment domine la plaine de sa lumineuse solitude, imposant sa présence jusqu’à la côte, loin à vol d’oiseau d’une trentaine de kilomètres : les bateaux de passage se servaient de sa silhouette comme point de repère.
Son histoire commence le 29 janvier 1240 quand Fédéric II de Souabe, empereur des Deux Siciles, signe un décret pour en prévoir la construction près des ruines de l’église Sancta Maria del Monte (aujourd’hui inexistante), travaux qu’on estime avoir durés une dizaine d’années. Le choix du lieu complètement isolé suscite bien les interrogations de l’historien comme du touriste : comment pouvait se dérouler la vie quotidienne dans un endroit dépourvu de locaux de service tel les cuisines et les caves ? La structure même ne suit pas la conception d’un château du Moyen Age : malgré sa position élevée sur une petite colline, il ne présente aucun fossé défensif, il est fournit de donjons qui, étrangement, sont à la même hauteur que les murs ; l’aspect est donc compact et solide faisant penser à la forme de la Reichkrone, couronne impériale du X siècle.
Les deux fonctions principales d’un château du Moyen Age sont donc exclues, on ne pouvait ici ni vivre ni se défendre. Sa position privilégiée en hauteur lui permettait de fonctionner comme site de contrôle et de repérage, dans un territoire sûrement très passager au Moyen Age, étant sur la route qui mène à Jérusalem. On pense même que le château pouvait être utilisé comme site de chasse sachant que Fédéric en était très passionné, (cf son traité sur l’art de la vénerie : De arte venandi cum avibus) en effet la troisième tour est dite du Faucon . Mais les historiens cherchent d’autres explications à sa présence et les trouvent dans la personnalité excentrique de l’empereur. Pleinement plongé dans le symbolisme médiéval, il en brise l’équilibre en choisissant un plan octogonal conçu à l’époque seulement pour les baptistères ! Cette forme géométrique ressort de l’union du carré, symbole de l’homme, et le cercle représentant la perfection divine. L’union des deux est donc la représentation du Dieu qui se fait Homme : le Christ. Pourquoi Fédéric a choisi cette forme ? Comment interpréter le chiffre huit répété dans plusieurs détails comme le nombre des pièces, le plan octogonal des huit donjons, les nombreux éléments d’ornement qui ne reviennent que huit fois ?

L’époque médiévale est trop plongée dans le symbolisme pour ne pas donner d’importance à cette présence chiffrée : les chercheurs imaginent des explications liées au Graal, la coupe du dernier dîner et que Joseph d’Arimatée a utilisée pour récupérer le sang du Fils de Dieu. Le château en sauvegarde-t-il le précieux repos ? Fédéric II, homme de lettres, chef du Sacro Romano Impero, avait-il trouvé la Sainte Coupe et bâti un temple pour la garder, malgré ses mauvais rapports avec les Templiers ? En observant les escaliers qui conduisent hors du château on peut remarquer qu’en sortant, le visiteur ne tourne jamais le dos comme pour ne pas devoir manquer de respect au bâtiment, ou à son contenu !
L’orientation du château fait que son portail principal vise l’Orient et le lever du soleil ; en même temps deux diagonales de l’octogone regardent les points des solstices d’hiver et d’été, détails qui portent à croire que le château était un véritable observatoire astronomique. Du même côté, exposé à l’Est, se trouve la pièce du trône d’où l’on peut actionner le portail pour permettre l’entrée au château : tout se concentre autour de la personne de l’empereur, dit "stupor mundi", comme à vouloir le célébrer.
C’est évident que toutes ces explications imaginées dépendent du surprenant Fédéric : son esprit pleinement médiéval mais fortement curieux et passionné de littérature, d’art, d’alchimie, d’astronomie invite à chercher des argumentations si passionnantes.
En cherchant à s’éloigner de ces questions désormais insolubles, c’est la beauté de ce château qui nous envoûte, c’est sa silhouette imposante, entièrement blanche après les restaurations des années 1980. L’endroit a surtout en été un charme particulier dû à la simplicité de ses lignes, le bleu limpide, compact et intense de l’air torride, le jaune des arbustes secs, l’éclatante luminosité du soleil et plus encore le silence du vent invisible qui amplifie la campagne presque désertique.
A l’intérieur, une cour sombre et sévère cache un parcours obligé entre les pièces, comme un labyrinthe, en donnant presque une hiérarchie entre les huit différentes salles. En effet ces dernières sont parfois cloisonnées entre elles de telle sorte que le visiteur est obligé de traverser la cour pour accéder à une autre pièce. Dernière question : pourquoi tant de visages sculptés grimacés observent les visiteurs... Un parcours initiatique ? Huit c’est la somme des sept jours de la Création et celui de la Révélation. Il est impossible de ne pas être troublé par tout ce symbolisme chiffré... d’autant plus que Fédéric sur son lit de mort est représenté avec une bague au doigt, une fleur en émeraude avec des pétales en or... huit pétales en or !!!
Recherche - Plan - Editeur - - Tous nos hébergements en Italie !
Liens directs : Tous vos hébergements, hôtels, locations, en Italie, Partir à Rome, Visiter Venise, vacances en Sicile, la culture et l'art de vivre à Florence et en Toscane...